SEPTIEME PAROLE



La Porte du Bonheur



Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux !



Je crois en Dieu et au Jour dernier. (Coran, 2 :8, 62, 126)



(…) sont deux expressions précieuses qui résolvent le mystère de l’univers et ouvrent la porte du bonheur à l’homme à l’âme humaine. Si tu souhaite comprendre combien ces deux formules sont efficaces et quel bénéfice réside dans le fait de se fier patiemment à Son Créateur et de chercher refuge auprès de Lui, ainsi que dans le fait d’implorer Son Pourvoyeur et de Le prier avec reconnaissance, et que cette confiance et cette prière sont deux remèdes aussi curatif qu’un élixir ; et qu’écouter le Coran et se conformer à ses décrets, faire ses prières quotidiennes et s’abstenir des péchés capitaux sont un billet nécessaire pour le voyage vers l’éternité, une provision précieuse pour l’Au-delà, et une lumière étincelante dans la tombe, alors considère cette parabole et écoute-la attentivement :



Il était une fois un soldat au milieu d’un champ de bataille et d’épreuves où coexistaient la victoire et la perte, se retrouva dans une terrible situation. Il avait reçu deux profondes blessures sur ces côtés droit et gauche. Derrière lui attendait un énorme lion qui semblait le guetter pour le dévorer. Et devant lui se trouvait une potence où tous les êtres qui lui était chers se faisaient pendre. Le même sort l’attendait. Et c’est dans cet état déplorable qu’il devait en plus faire un long voyage car il était exilé.



Alors que ce malheureux pensait désespérément à cette épouvantable situation, soudain, tel Khidhr (paix sur lui, c’est un noble personnage mentionné dans les interprétations coraniques) un homme au visage rayonnant et bienveillant apparut à sa droite. Celui-ci lui dit : « Ne désespère pas. Je vais t’enseigner et t’offrir deux talismans. Si tu les utilises correctement, le lion se transformera en un cheval docile à ton service, et la potence en une agréable balançoire pour ta distraction et ton plaisir. Je te donne aussi deux remèdes. Si tu en fais bon usage, tes deux blessures putrescentes se changeront en deux douces fleurs exquises qu’on appelle « roses de Mohammed » (paix et bénédictions sur lui). J e te donne aussi un billet qui te permettra de traverser la distance d’une année en un jour comme si tu avais des ailes. Si tu n’y crois pas et que tu veux constater par toi-même que tout cela est vrai, fais donc un petit essai ! »Effectivement, après avoir essayé ses conseils, le soldat confirma la véracité de ses dires.



En effet, même moi, c’est-à-dire ce malheureux Saïd que je suis, confirme cela, car je l’ai essayé un peu et j’ai constaté que c’était bien vrai.



Apres quoi, un homme ivre, au regard malicieux et trompeur comme un diable apparut subitement à sa gauche. Il vint au soldat blessé avec de nombreux atours, des images ornées, des fantaisies et des boissons alcoolisées. Il s’arrêta devant lui et dit :



-El l’ami ! Viens donc boire avec moi ! Regarde ces belles figures de femmes, écoutons ces belles chansons et dégustons ces mets délicieux.



Ah ! Mais qu’est-ce que tu murmures ainsi ?



-Je récite un talisman



-Arête donc ce charabia ! Ne gâchons pas notre plaisir !



Oh ! Et qu’est-ce-que tu as dans la main ?



-Un remède.



-Jette-le ! Tu es en bonne santé. C’est le moment des réjouissances.



Ah ! Qu’est-ce donc ce document avec cinq sceaux dessus ?



-C’est un billet et une carte de rationnement.



-Déchire-le ! Qu’avons- nous à voyager par une si belle journée de printemps ?!



Cet homme diabolique essaya ainsi de persuader le soldat en usant de toutes sortes de ruses tant et si bien qu’il s’y inclina un peu. En effet, l’homme peut se laisser séduire. Moi aussi j’ai failli être trompé par un malin pareil.



Soudain, tel un tonnerre, une voix de stentor gronda à sa droite en l’avertissant : « Surtout méfie-toi de ce malin ! Dis-lui : « Si tu es capable de tuer le lion qui me guette de derrière, si tu es en mesure d’enlever la potence plantée devant moi et à ma gauche, si tu peux annuler le voyage qui m’attend, alors allons-y montre le moi, puis invite-moi à boire. Sinon, tais-toi, ô misérable ! Laisse la parole à la personne céleste qui ressemble à Khildhir. Qu’on écoute ce qu’elle a à dire ! »



Voilà, ô mon ego malveillant qui a beaucoup ri durant sa jeunesse et qui maintenant pleure d’avoir ri ! Sache que le malheureux soldat est toi-même, l’être humain. Le lion est le terme de la vie. La potence est la mort, la disparition et la séparation. Avec l’alternance du jour et de la nuit, chaque ami nous fait ses adieux et disparaît. Des deux blessures, l’une est l’impuissance troublante et infinie de l’être humain, l’autre est sa pauvreté pénible et sans fin. L’exil et le voyage sont le long trajet d’épreuves à travers le monde des esprits, la matrice de la mère, l’enfance et la vieillesse (c’est-à-dire cette vie terrestre), puis la tombe, le Monde Intermédiaire, la résurrection et le pont eschatologique Sirat pour commencer une vie éternelle dans l’Au-delà. Les deux talismans sont la croyance en Dieu et en l’Au-delà. En effet, grâce à ces talismans sacrés, la mort prend la forme de Bouraq (monture céleste) et d’un cheval qui transporte le croyant de ce monde, lequel ressemble à une prison, vers les jardins du paradis, jusqu’à la Présence du Très-Clément. C’est pour cette raison que les sages qui ont su la vérité de la mort, l’ont aimée et l’ont désirée.(voire sourate Youssouf 12 :10). Grâce au mystère de cette croyance, le passage du temps qui est comme une potence qui apporte le déclin et la séparation, la mort et le décès, devient un moyen de contempler et d’observer avec plaisir ineffable les divers motifs et œuvres d’art prodigieux, originaux et multicolores, les merveilles de la Puissance, les manifestations de la Miséricorde l’Artiste Majestueux. En effet, le changement et le renouvellement des miroirs qui reflètent les couleurs de la lumière du soleil, tel le changement des décors d’un film, présentent des scènes plus agréables et plus belles encore.



Quant aux deux remèdes, l’un deux est la confiance en Dieu avec patience ; c’est-à-dire compter sur la puissance de son Créateur et se fier à Sa sagesse. Que pourrait craindre un homme qui, pleinement conscient de son impuissance, s’appuie sur le Souverain de l’univers, Maître du décret Sois ! Et tout est aussitôt !? Car même face au pire des malheurs, il dit : Certes nous sommes à Dieu, et c’est à Lui que nous retournerons et prend refuge en son Seigneur Miséricordieux avec un cœur serein. En effet, l’initié prend plaisir dans son impuissance et sa crainte de Dieu. Si un bébé d’un an pouvait comprendre et qu’on lui demandait : « Quel est ton état d’âme le plus agréable ? » Il répondrait sûrement : « C’est quand, en comprenant mon impuissance et ma faiblesse, et craignant de recevoir une gifle, je prends refuge dans le tendre sein de ma mère..»



Or, même toute la tendresse réunie de toutes les mères n’est qu’une faible lueur de la manifestation de la Miséricorde Divine. C’est pour cette raison que les sages ont pris un tel plaisir dans l’impuissance et la crainte de Dieu qu’ils ont renoncé avec véhémence à leur propre pouvoir et force et, dans leur impuissance, ils se sont réfugiés en Dieu. Ils se sont fait de l’impuissance et de la crainte de Dieu deux intercesseurs.





L’autre remède est l’imploration et la supplication avec gratitude et contentement, et le fait de compter sur la Miséricorde du Pourvoyeur Miséricordieux.





A nous de demander, et à Dieu de donner. Comment pourraient la pauvreté et le besoin être pénibles et accablants pour un invité dont l’Hôte Généreux et Parodique fait de toute la surface de la terre un banquet de faveurs et fait du printemps un bouquet de fleurs qu’Il dispose sur cette table et tout autour ? Au contraire, sa pauvreté et son besoin prenne la forme d’un agréable appétit. Il essaie donc d’augmenter sa pauvreté, comme il le fait pour son appétit. C’est pourquoi les sages sont fiers de leur indigence. Mais qu’il n’y ait pas de malentendu ! Cela signifie éprouver sa pauvreté envers Dieu et L’implorer, et non pas la montrer aux gens et prendre ainsi la position d’un mendiant.




Quant au billet, il représente l’accomplissement des obligations culturelles, notamment les cinq prières quotidiennes et l’abstraction des péchés capitaux.




De même qu’en conviennent les experts et les hommes doués de discernement, le seul moyen d’obtenir une lumière, des provisions et une monture céleste pour la longue route obscure vers l’éternité est d’obéir aux commandements du Coran et d’éviter ses interdictions. La technologie, la philosophie, l’art et la science matérielle ne valent rien dans cette voie, car leur lumière ne s’étend que jusqu’au seuil de la tombe.



Voilà ô mon ego paresseux ! Comme il est facile d’accomplir les cinq prières quotidiennes et de s’abstenir des sept péchés capitaux ! Si u est sensé et si ta raison n’est pas corrompue, tu comprendras combien les résultats et les avantages de ces pratiques religieuses sont importants. Dis à Satan et à l’homme qui t’incitaient au péché et à la débauche :
« Si vous avez le moyen de tuer la mort, de faire disparaître de ce monde la disparition, d’éliminer l’impuissance et la pauvreté de l’être humain, de condamner la porte de la tombe, alors parlez-en, qu’on vous écoute. Sinon taisez-vous ! Ecoutons le Coran lire le Livre de l’univers dans la grande mosquée du cosmos. Illuminons-nous avec sa lumière ! Agissons selon sa guidée et faisons de lui une évocation continuelle !En effet , la Parole est le Coran, c’est ainsi qu’on appelle. Car le Coran est parole de vérité de la part du Véridique, proclamant et montrant la vérité, et propageant partout sa sagesse rayonnante.
O Dieu ! Illumine nos cœurs avec la lumière de la croyance et du Coran ! O Dieu ! Enrichis-nous en nous appauvrissant par rapport à Toi et ne nous appauvris pas par l’indifférence vis-à-vis de Toi. Nous renonçons à notre pouvoir et à notre force, et nous nous réfugions en Ton pouvoir et en Ta force. Compte –nous parmi ceux qui s’en remettent à Toi. Ne nous abandonne pas à nous-mêmes. Protège-nous par Ta protection. Reçois-nous, ainsi que tous les croyants et toutes les croyantes et Ta miséricorde !
Que Ta paix et Tes bénédictions soient sur notre maître Mohammed, Ton serviteur, Ton Prophète, Ton Elu, Ton ami intime, la beauté de Ton Royaume, le chef-d’œuvre de Ton art, l’objet de Ta providence, le soleil de Ta guidée, le porte-parole de Tes arguments, l’exemple de Ta miséricorde, la lumière de Ta création, l’honneur de Tes créatures, le flambeau de Ton Unité parmi la multiplicité de Tes créatures, le révélateur du mystère de Ton univers, le héraut de la souveraineté de Ta Seigneurie, l’annonciateur de Ta volonté, le guide vers les trésors de Tes Noms, l’enseignant de Tes serviteurs, le traducteurs de Tes signes et de Tes versets, le miroir de la beauté de Ta Seigneurie, le centre de notre témoignage de Toi et du fait que Tu fasses de nous des témoins, Ton bien aimé et Ton Messager que Tu as envoyé comme une miséricorde pour les mondes !
Que Ta paix et Tes bénédictions soient aussi sur sa Famille et sur ses Compagnons, sur ses frères parmi les Profères et les Messagers, et sur Tes Anges proches et Tes serviteurs pieux ! Amen !